Depuis sa conception, L’Harmonyum a été pensé comme un bâtiment différent, aussi bien dans les usages qu’il accueille que dans les choix réalisés pour son fonctionnement. Parmi eux, le recours à la géothermie sur nappe pour assurer son chauffage et son rafraîchissement. Après une première année d’exploitation, le retour d’expérience confirme aujourd’hui les performances environnementales et économiques de cette installation.

La géothermie intégrée dès la conception de L’Harmonyum

Lors de la construction de L’Harmonyum à Saint-Égrève, l’Association Sainte Agnès a fait le choix de la géothermie pour répondre aux besoins énergétiques de ce bâtiment accueillant bureaux et ateliers.

Ce choix n’était pas totalement nouveau pour l’association. Une première expérience concluante de la géothermie sur un bâtiment rénové avait déjà permis d’en éprouver le fonctionnement. C’est donc naturellement que cette solution a de nouveau été retenue lors de la conception de L’Harmonyum.

Le principe ? Puiser les calories naturellement présentes dans la nappe phréatique, dont l’eau se situe autour de 12 °C. Une pompe à chaleur récupère ensuite cette énergie afin d’alimenter le circuit de chauffage du bâtiment tout en limitant les consommations énergétiques.

L’installation repose notamment sur deux forages de 20 mètres de profondeur : l’un permet de prélever l’eau de la nappe, l’autre de la réinjecter.

Des résultats désormais mesurables

Après une année d’exploitation, le bilan permet de mesurer concrètement l’efficacité du système. Cliquez sur le lien pour consulter le document.

La géothermie assure aujourd’hui 100 % de la couverture des besoins concernés. Elle permet également de réduire de 87 % les émissions de gaz à effet de serre et de réaliser, dès la première année, 11 % d’économie, soit environ 3 000 € par an.

Au total, ce sont 21 tonnes de CO₂e qui sont évitées chaque année, soit, selon le retour d’expérience, l’équivalent des émissions de 110 000 kilomètres parcourus avec une voiture citadine.

Ces résultats sont d’autant plus intéressants que L’Harmonyum est un lieu aux usages multiples. Neuf entreprises et structures partenaires y cohabitent avec les activités de l’ESAT, entraînant des besoins différents selon les espaces et leurs occupants.

Chauffer l’hiver… et rafraîchir l’été

La géothermie présente un autre intérêt pour L’Harmonyum : le geocooling.

En période estivale, l’eau naturellement fraîche de la nappe peut circuler dans les planchers afin de rafraîchir le bâtiment, sans avoir à produire du froid de manière classique. Les consommations sont alors essentiellement celles des pompes nécessaires à la circulation de l’eau.

Le système a également été pensé pour pouvoir évoluer : si les épisodes de forte chaleur deviennent plus importants, la pompe à chaleur pourra être utilisée pour abaisser davantage la température de l’eau circulant dans les planchers.

Un investissement pensé dans la durée

L’installation a représenté un investissement d’environ 192 000 euros, avec un taux de subvention de 20 %.

Au-delà des économies constatées dès la première année, le choix de la géothermie permet de bénéficier d’une énergie disponible localement et de réduire la dépendance du bâtiment aux énergies fossiles. Le retour d’expérience réalisé sur L’Harmonyum souligne ainsi la pertinence de cette solution pour les bâtiments tertiaires de cette taille, lorsque leur conception et leur environnement s’y prêtent.

Pour Olivier Marze, Directeur général de l’Association Sainte Agnès, le bilan est aujourd’hui positif :

« Après une période de mise au point et de réglages, nous sommes pleinement satisfaits du système, tant pour le confort, pour l’impact environnemental que pour les économies réalisées. »

L’innovation aussi dans la conception du lieu

L’Harmonyum est avant tout connu pour le modèle d’inclusion réciproque qu’il porte : faire travailler dans un même environnement des ouvriers de l’ESAT, des professionnels et des entreprises du milieu ordinaire.

Mais cette ambition s’est aussi traduite dans la manière de concevoir le bâtiment qui l’accueille.

Deux ans après son ouverture, ce premier bilan de la géothermie montre qu’innovation sociale et choix environnementaux peuvent avancer dans une même direction : celle d’un lieu pensé pour ses usages, pour ceux qui le font vivre et pour durer.